14 notes &
Test du Kindle

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Pour ceux que ça intéresse, voici mon test rapide du Kindle d’Amazon après quelques heures de test.
L’objet
C’est un très bel objet, avec une bonne finition.
Niveau design, il est un peu dans l’esprit de mon HTC Desire, surtout pour le derrière. Les plastiques sont bons, l’arrière est texturé avec une sorte de gomme qui a du grip.
Les boutons du bas sont un peu à l’ancienne, bombés et avec un cliquetis lorsqu’on les enfonce. Rien de très gênant. Les gâchettes latérales sont assez bien fichues, elles s’actionnent vers l’arrière, assez déroutant au début mais pratique sur le long terme.
C’est incroyablement léger et plat. Les doigts trouvent naturellement leur position lors de la lecture. En reprenant un livre papier, j’ai même été choqué par le poids, 3 fois le Kindle pour un livre de poche de 500 pages.
Un gros plus auquel je n’avais pas pensé lors de l’achat, la position de lecture ! Je lis essentiellement dans mon lit, étant plutôt insomniaque pour ce qui est de m’endormir, mais ne prenant pas trop de temps la journée pour me poser. J’ai toujours été frustré de ne pouvoir lire sur le côté, j’en ai développé une sorte de rituel à me mettre sur le dos, la tête sur le montant du mur, avec le livre sur mon thorax.
Ici, la légèreté de l’objet et son unique zone d’affichage permet de lire dans toutes les positions (pas testé le poirier, encore). Plus besoin de tourner la tête ou de maintenir les bras en l’air pour lire la page de gauche et celle de droite. Quand une page est terminée, on clique, on entame directement la suivante (si le livre n’est pas fini).
L’écran
Incroyable ! C’est beaucoup plus proche de l’écran magique de mon enfance que du LCD de mon boulot. On dirait vraiment du papier, de l’encre. La définition, ou la technologie, est telle que l’on ne voit pas un seul pixel.
J’appréhendais pas mal la lecture sur ce support par rapport au papier, mes doutes ont été balayés en même temps que l’écran, dès l’allumage du dispositif.
La lecture d’un bouquin se révèle être plutôt très agréable. Et la remise à zéro lors de chaque changement de page est très rapide, je dirai à peine ½ seconde.
La typographie
Encore une fois, la claque ! Le moteur typo est impressionnant. La justification du texte est très belle. Je n’ai vu, sur 4 ebooks testés, aucune césure. Et malgré cela, le gris est super bien équilibré, aucun trou aberrant dans les caractères, l’approche est bien sur la police Serif.
Il y a quelques bugs inhérents à la justification automatique, comme des articles ou des conjonctions en fin de ligne, des veuves ou des orphelines, mais rien de dramatique.
J’ai ouvert le premier livre « analogique » que j’avais sous la main, surtout pour régler ma grosseur de caractère, et j’ai trouvé sur la page ouverte au hasard pas moins de 3 césures qui se suivaient, des retours à la ligne incohérents et un gris beaucoup plus disparate. Pourtant dans une moyenne édition de poche, Folio.
L’interface, la lecture
L’interface est sobre, à l’image du site Amazon. Je pense que même une personne âgée, très peu habituée à l’informatique, pourrait s’y retrouver.
On allume le Kindle, instantanément au passage, et l’on arrive sur l’unique page d’accueil : nos livres classés par ancienneté, auteur ou titre, au choix. Le choix par âge est pas mal, ça devient une sorte de « hot list » qui met en haut de la pile les derniers livres ouverts.
Le bouton du menu donne accès à la Boutique, aux archives, à la recherche, à la gestion des collections, la synchro, les paramètres, etc…
Tout est très réactif.
Sous chaque livre se trouve une ligne en pointillés, il s’agit de la taille de l’ouvrage. Des points plus graissés indiquent notre position dans le livre, très pratique pour voir où l’on en est.
Si l’on entre dans un ebook, il nous amène à l’endroit où l’on s’est arrêté. On peut régler la taille de la typo (très pratique pour redonner accès à la lecture aux vieux, qui parfois doivent arrêter de lire à cause de leur vue), le choix de la police (Serif, Condensée ou Sans-Serif). J’ai laissé en Serif, je préfère pour un roman. Peut-être qu’une donne technique sera plus pratique en bâton.
On peut aussi choisir l’interlignage, les marges latérales et la rotation de l’écran.
Autre point d’inquiétude soufflé, la numérotation des pages. J’aime dans un livre papier voir où j’en suis, me dire que ce soir j’ai lu 60 pages, que le chapitre que j’entame dure 15 pages, etc… Ici, rien de tout ça. Les nombre de pages dépend directement de vos réglages typographiques. La progression est indiquée dans une frise, très discrète en bas de l’écran, en pourcentage.
Au final, c’est une autre façon de faire, ça change pas mal mes habitudes, mais ça n’en est pas moins excellent. Les nouveaux chapitres sont indiqués par des points dans la frise, notre progression par une barre du même nom, très pratique pour voir si le chapitre que l’on commence ne va pas nous emmener au bout de la nuit, ou s’il est bientôt terminé quand nos yeux commencent à se fermer. Avant, il fallait que je tourne les pages jusqu’à la fin du chapitre en question pour voir la durée.
L’intégration du dictionnaire directement dans la lecture est géniale !Combien de fois je suis passé sur un mot que je ne connaissais pas, et que je ne connaîtrai peut-être jamais plus, ayant eu la flemme de lever mon fessier pour chercher dans un dico ?
C’est un vrai plus !
L’interface devient très dépouillée lors de la lecture, tout s’en va, laissant l’entière place à l’œuvre.
Lecture PDF, divers, web
Tout ce que je classerai dans « superflu ». La lecture d’un PDF se révèle comme les tests en parlent : très fastidieuse. Le processeur montre ses limites, la taille de l’écran aussi.
Pour un PDF au format, avec une taille de typo classique, c’est parfait. On ne verra que très peu de différences avec un ebook au format .mobi. Mais dans ce cas là autant le convertir avec Calibre pour en faire un format natif Kindle, j’en parle plus bas.
Par contre oubliez l’envie de lire le PDF d’un journal ou magazine, les multicolonnes, etc… Le zoom donne accès à la lecture, mais il faut jouer du pad directionnel et ça devient très pénible.
Le navigateur est intéressant, sans plus. Je n’ai pas acheté le kindle pour ça, ce n’est pas une tablette. Ca peut sûrement dépanner, mais une page remplie de pub (comme la Une du Monde) ralentira considérablement la machine. Il n’y a pas d’AdBlock pour le Kindle !
Il existe une possibilité de partage via Twitter et Facebook des signets ou des passages sélectionnés d’ebook. Pas testé, mais peut-être chouette.
En parlant de ça, on peut ajouter des signets ou des annotations en cours de lecture. Je ne m’en sert pas, mais pour un étudiant ou un prof ça peut-être pratique. Sauf peut-être l’absence de clavier ou d’écran tactile, rendant difficile la saisie de la note.
Lors de l’extinction de l’appareil, le Kindle nous offre des fonds d’écran de toute beauté, autour du thème de la presse, de l’écriture et de la typo. C’est vraiment magnifique, et le contraste s’y prête bien.
Le top, c’est qu’avec la technologie de l’écran, l’image reste affichée même si le Kindle est éteint sans que cela ne consomme de batterie.
L’autonomie
Pas vraiment eu le temps de tester, mais je m’en sers non-stop depuis sa réception, je dirai environ 4 heures d’utilisation en tout, la batterie indique dans les 90%
Le constructeur donne une autonomie de 1 mois pour 30 minutes de lecture quotidiennes.
Les livres
Si vous aimez les œuvres modernes, ça risque d’être un peu compliqué, ou cher, pour vous. Les éditeurs ne répondent pas tous présents ou nous prennent pour des jambons. Mais les choses évoluent doucement, j’avais regardé à l’époque du Kindle 2 et c’était le vide dans les rayons français.
J’ai vu des ebooks plus chers que leur version papier. Les éditeurs n’ont semble-t-il pas compris la claque du MP3 sur le CD. Je prône le piratage dans ce cas de figure, sans vergogne. Ils nous prennent tout simplement pour des cons, et à ceux jeu là on peut aller loin, voire dépasser leur espérance. Le net regorge de… euh… Tipiak.
Par contre, pas mal de livres sont à petits prix, de 1 à 5 €, c’est honnête et mérite un encouragement.
Par contre si vous aimez les classiques, c’est le bonheur absolu. Amazon regorge de livres du 19e, des classiques, Maupassant, Flaubert, Hugo, Balzac, Verne, Dumas, Voltaire, etc… Mais aussi d’essais, de contes, recueils, littérature étrangère, etc… Tout ça pour 0.00 €, tout étant tombé dans le domaine publique. Il y en a déjà pour toute une vie.
Il existe pas mal de sites ou projet dédiés aux livres gratuits, libres de droit.
On peut également faire ses propres ebook, grâce à Calibre. Ce soft OpenSource est une perle. Il sait convertir un epub vers un mobi, un PDF aussi.
On peut facilement trouver sur le net un document intéressant, en .doc ou .pdf, et obtenir ainsi son .mobi nativement exploitable par le Kindle.
Les abonnements, Le Monde
J’ai pris un abonnement au Monde, avec 14 jours d’essai gratuit. C’est assez bien foutu.
Tous les jours, je dois recevoir à la première heure l’édition, directement au format du Kindle. Assez bien fichue, on retrouve vraiment l’édition papier, avec ses catégories, son sommaire, la navigation est très aisée et l’on a tous les avantages d’un ebook.
Pour 15 € par mois (0,50 € par jour), c’est pratique pour ceux qui lisent ce journal. Je ne sais pas si je vais garder l’abonnement, j’attends de tester plus longtemps.
Par contre, n’attendez pas de pouvoir emballer le poisson ou la vaisselle de mamie avec le Kindle.
Il existe la même chose avec Libération ou Le Figaro, mais je n’ai pas voulu salir mon appareil, pas testé.
Conclusion
Aaaah… j’ai vraiment acheté ce Kindle avec son lot de questions et de doutes, sans savoir si j’allais le garder ou non. Amazon propose un mois d’essai sans engagement. Je crois bien qu’au contraire, je vais m’engager et le garder.
J’éprouve un plaisir absolu, d’avoir tous ces livres sous la main, toutes ces œuvres que je n’aurais osé ou pu m’offrir. L’intégrale de Maupassant à 3 €, tous les Jules Verne libres, le Comte de Monte Cristo et les Trois Mousquetaires offerts. Un rêve de liseur.
La bibliothèque d’Alexandrie du bout des doigts ?
C’est encore un peu tôt pour avoir vraiment du recul, mais je crois que c’est un des achats les plus importants, et symbolique, que j’ai pu faire ces dernières années.
La perte affective du papier est amplement remplacée, même sublimée, par l’apport technologique de l’appareil. La qualité de l’écran, de l’objet même, et la richesse des aides à la lecture, non intrusives, compensent largement l’absence des sens.
On est pas du tout dans un truc de geek ou technologique, mais au plus près de l’œuvre, de la lecture.
Je conseille vraiment cet objet à tous le monde, surtout pour le prix. Si vous lisez tous les jours, c’est vraiment un bon achat. Pour le prix d’une dizaine de livres de poche, quelques beaux ouvrages, c’est vite amorti. Je pense que ça peut même plaire au technophobes, ou au amoureux transits du papier, pour peu qu’ils l’essaient un peu et aiment surtout la lecture, tout simplement.
Ma copine, putôt non geek, adepte de l’utilisation bureautique d’un ordinateur, l’a déjà adopté, me l’ayant piqué quelque heures après m’avoir demandé de lui télécharger un livre.
C’est une autre façon de lire, qui ne remplace sûrement pas le livre édité, mais le complète sérieusement.
Je dirai vraiment que ce Kindle, c’est une vraie surprise ! Sans le chocolat…
Pour ceux qui veulent voir des photos, ce compte Flickr en regorge :
http://www.flickr.com/photos/ebouquin/sets/72157627713473697/